Green-Menu, le « Tinder » du don alimentaire

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En 2025, Excellents Excédents a servi 140 000 repas complets aux acteurs de l’aide alimentaire.

Testé pendant 2 ans, le nouveau module de Green-Menu, développé par Excellents Excédents, facilite la rencontre entre « petits » don­neurs de surplus alimentaires et associations bénéficiaires. Il permet aux deux parties de s’affranchir d’un intermédiaire – un prestataire de mise en relation doublée généralement d’un service logistique. Le don est effectué en direct entre l’établissement de restauration collective et le donataire.

« Le pilote mené à Ivry-sur-Seine et à Couëron [15 communautés de communes pour la Ré­gion Île-de-France et Région Pays de la Loire] a donné des résultats incroyables », se félicite Anne Tison, directrice générale de l’Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale. « Les remontées du terrain permettent d’avancer que la pro­duction de 200 repas par jour génère entre une demi et une tonne de gaspillage alimen­taire par an ». Un fait inhérent aux modèles de la restauration collective en raison de la variation inévitable du nombre de convives. Ce qui dans une collectivité de 20 restaurants de 200 couverts, correspond à 10 à 15 tonnes d’invendus par an. Quand le potentiel à l’échelle nationale est estimé à « 40 millions de repas par an qui pourraient être proposés directement aux associations locales » selon la chef d’entreprise.

La collecte dans les offices
La collecte du repas donné est réalisée à partir de l’office et non pas de la cuisine cen­trale. Des quantités plus modestes que ce nouveau développement permet de réperto­rier. « Nous avons estimé que cet outil pourrait permettre de recenser 100000 repas par jour sur toute la France » poursuit Anne Tison. Des repas mais pas seulement. « Ce sont des plats composés à 77 % de produits sous signe de qualité dont 48 % de bio », insiste-t-elle. À Ivry-sur-Seine, 98 % des excédents déclarés ont été collectés par les associations.

Lire aussi : Le don des invendus se professionnalise en restauration collectiv

Dans chaque office, les agents déclarent sur l’interface Green-Menu, via un ordinateur, une tablette, ou l’appli sur le téléphone, les plats non déconditionnés et conservés dans le strict respect des règles d’hygiène alimentaire. Soit une routine de 30 minutes environ à mettre en place pour les équipes. Les associations de lutte contre la précarité choisissent quels produits venir collecter et dans quelle quantité. « Le fait de mesurer les invendus au niveau des offices a permis de les rendre visibles. Des collectivités peuvent imaginer des formes de redistribution solidaire, notamment auprès des étudiants en situation de précarité », souligne Anne Tison.

Essaimer la solution
Quant au mode de conditionnement, les barquettes à usage unique encore utilisées sont jetées par les associations et les bacs réutilisables rapportés. « À terme, notre outil permettra de les tracer. Si le donneur craint de perdre ses bacs inox, il peut reconditionner ses dons dans des contenants jetables. La mise en place du réemploi des contenants pour le don des repas est une question complexe. Et une association peut également déposer des bacs et des couvercles dans les offices », ajoute la directrice générale.

Et maintenant? Excellents Excédents, lauréat de l’appel à projets 2025-2026 (avec Cantines Responsables) du Programme National pour l’Alimentation, recherche de nouveaux territoires pour essaimer sa nouvelle solution. De quoi donner une nouvelle dimension au don des excédents!

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Lydie Anastassion

Lydie Anastassion est la créatrice du média Restauration21 ainsi que sa directrice de publication.

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