04/05/2026
Le « régénératif » dans nos assiettes : précautions d’utilisation
Comme souvent quand il s’agit de faire atterrir un concept hors-sol, l’alimentation et la restauration offrent un terrain idéal.
La tribune d’Elisabeth Laville, fondatrice d’Utopies et administratrice de B LAB France.
Le terme « régénératif » est partout. Né dans l’agriculture pour désigner des pratiques allant au-delà du bio afin de restaurer les sols, la biodiversité et les écosystèmes (mais aussi d’assurer une juste rémunération des fermiers et le bien-être animal (1)), il s’est peu à peu étendu à tous les secteurs, jusqu’à devenir parfois un mot-valise aussi séduisant que flou.
Comme souvent quand il s’agit de faire atterrir un concept hors-sol, l’alimentation et la restauration offrent un terrain idéal. Car l’alimentation est, fondamentalement, ce qui relie les êtres vivants que nous sommes, comme tous les animaux, à la nature, à la fertilité de la terre et à l’énergie du soleil. Parce que l’agriculture transforme les paysages et les espèces, parce que nos aliments nous relient aux autres espèces animales ou végétales, notre alimentation est révélatrice de notre relation à la nature. Ici, en effet, tout part du vivant: des sols jusqu’à l’assiette, de la fertilité de la terre à notre santé commune, la chaîne est directe, visible, mesurable.
Ces préalables posés, que serait une restauration régénérative?
D’abord, une restauration qui ne part pas seulement de ce que le client veut manger, mais de ce que le territoire peut soutenir, produire ou réparer. Une restauration qui donne à goûter un lien: son histoire, ses saisons, ses sols, ses producteurs, ses savoir-faire… (suite…)










