25/01/2026
Et si vous aligniez 100% de votre offre sur les limites planétaires ?
Le temps d’une RSE progressive et de bonne volonté, largement compatible avec le statu quo, est révolu.
La tribune d’Elisabeth Laville, fondatrice d’Utopies et administratrice de B LAB France.
Pendant longtemps, la transition écologique a été pensée comme une trajectoire de progrès continu, faite de « petits pas », d’optimisation et de bonnes pratiques additionnelles : réduire les impacts ici, les compenser là, mesurer mieux pour progresser plus vite, se conformer à des labels puis à des réglementations… Une RSE progressive et de bonne volonté, largement compatible avec le statu quo. Ce temps-là est révolu.
La question n’est plus seulement environnementale ou réputationnelle. Elle est devenue économique, opérationnelle et stratégique. Les limites planétaires désignent ces seuils écologiques invisibles mais bien réels au-delà desquels le climat, les sols, l’eau et la biodiversité ne permettent plus de produire, de consommer et de cuisiner comme avant. Des limites qui se traduisent déjà par des tensions très concrètes sur les prix, la disponibilité des matières premières et la continuité de l’activité.
Des produits chers, voire indisponibles
L’alimentation et la restauration sont en première ligne : à l’échelle mondiale, les systèmes alimentaires – de la fourche à la fourchette – représentent près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Plus de 50 % du PIB mondial dépend directement des services rendus par la nature (sols fertiles, eau, pollinisation, climat stable…) alors que près de 60 % de ces services ont été dégradés par les activités humaines. (suite…)









