26/06/2012
Une ferme municipale à Mouans-Sartoux
Un reportage diffusé sur TF1 lundi 25 juin 2012.
A l’invitation du Collège Pierre de Coubertin à Chevreuse (78) et de son dynamique chef, Vincenzo Battafarano, également Vice-Président du CCC Paris Ile-de-France, les acteurs de la restauration collective se sont réunis le 6 juin dernier pour débattre de l’avenir de nos assiettes. Un sujet qui a passionné l’assistance et qui a donné lieu à de nombreuses questions.
Au cours de la conférence qui clôturait la journée, les participants ont pu découvrir le 1er calculateur d'empreinte écologique pour la restauration collective, né après 3 ans de recherches dans le cadre du projet REPAS-RC (Repères pour l’Évolution des Pratiques Alimentaires en Restauration Collective). Puis Thomas Lafouasse, Président du CIVAM de l’Hurepoix qui fédère une dizaine de producteurs autour de Chevreuse et du plateau de Saclay, est venu témoigner. Les achats de proximité sont possibles pour les collectivités qui aujourd’hui parviennent à les contractualiser. Des parcelles sont aujourd’hui réservées à leur attention. Vincenzo Battafarano a expliqué avec l’énergie qui le caractérise tout l’intérêt de cette démarche, preuve à l’appui avec le témoignage sincère et positif d’un collégien nourri depuis 4 ans au sein de sa cantine !
Diego Courtois et Gregory Genty de Fondaterra, un incubateur de projets innovants, sont ensuite venus présenter Assiette Verte qui aide les agriculteurs à répondre aux appels d’offres et qui propose de sensibiliser les consommateurs grâce à des animations. La parole a aussi été donnée aux industriels : Danone Pro a présenté sa politique en faveur du développement durable avec notamment les engagements pris en faveur de ses 3 300 éleveurs laitiers répartis dans 5 régions françaises et SOCOPA a mis en lumière son engagement dans la filière nutrition Bleu Blanc Cœur.
Pour Biocoop Restauration (filiale 100% de Biocoop), l'heure est à l'observation. Après plusieurs années "fastes", la croissance sur le marché de la restauration va-t-elle plafonner à 24 % comme cela fut le cas l'an dernier ? "Fin 2011, la tendance était à l'amenuisement, ce qui nous amène à nous placer dans la perspective modeste d'une progression de 20 % pour cette année", constate Phlippe Jouin, directeur de Biocoop Restauration (2,8 M€ de CA en 2011 pour un portefeuille global de 1 600 clients dont 800 actifs). Chahutée par la concurrence élargie des grossistes non spécialisés, la filiale de Biocoop, basée à Rennes (35), a pour mission de structurer une offre dédiée à ce marché en la positionnant en compléments de l'offre locale.
"Nous sommes des spécialistes de la bio et du circuit court. Nous travaillons en partenariat avec des groupements locaux de producteurs de produits biologiques affiliés FNAB (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique). Ce sont eux qui traitent avec les opérateurs de cuisine collective et nous leur livrons les produits qu'ils n'ont pas", poursuit le directeur. Biocoop Restauration approvisionne, par exemple, les micro plateformes organisées par "Manger bio ici et maintenant". Le catalogue (500 références) repose sur le socle "vrac" de Biocoop augmenté de produits de 4e et 5e gamme et de conditionnements spécifiques : riz-précuit étuvé, fonds de sauce en 700 g ou 1 kg, betterave cuite coupée en dés, tofu en bloc de 1 kg par exemple…
Doucement mais surement. La consommation de produits bio en restauration collective devrait poursuivre sa progression dans les mois qui viennent et toucher de nouveaux établissements. En 2011, ce marché était estimé à 158 M€ HT pour l'ensemble des familles de produits (frais, surgelés, épicerie, hors pain), soit une progression de 21 % en un an. Selon les chiffres communiqués le 1er juin, en ouverture du Printemps de la bio (1) par l'Agence Bio, 16 % des restaurateurs non acheteurs de produits bio actuellement ont déclaré, début 2012, avoir l'intention d'en introduire dans leurs menus, dont 4 % de façon certaine d'ici à 2013.
"Les produits bio pourraient être ainsi présents dans 73 % des restaurants collectifs en 2013, pour une part des achats pouvant atteindre 17 % en moyenne" s'est félicitée Elisabeth Mercier, présidente de l'Agence Bio. 79 % des établissements du secteur public et 84 % des établissements scolaires seraient concernés.
Les fruits et les légumes frais, les produits laitiers sont les plus consommés. Malgré un surcoût de 23 % en moyenne, les gestionnaires jugent l'utilisation de produits bio" en majorité très satisfaisante" que ce soit pour le personnel ou les convives. Selon l'Agence Bio, 65 % des établissements ont cherché à compenser ce surcoût en limitant le gaspillage, mettant en concurrence les fournisseurs et en mutualisant les achats, "cette action étant jugée la plus efficace, ainsi que le passage de partenariats au niveau local".
(1) Le Printemps bio, du 1er au 15 juin 2012, renseignements sur www.printempsbio.com
www.agencebio.org
Le collège Pierre de Coubertin de Chevreuse (78), les Chefs et cuisiniers des collectivités de l’enseignement des régions de France( 3 CERP), l'Association de la restauration collective en gestion directe (CCC), l’Union des personnels de la restauration territoriale (UPRT) en partenariat avec les représentants de la restauration hospitalière (UDHIR, ACHEF), de l'intendance (AJI), des nutritionnistes (CENA) et de l'Association nationale des directeurs de la restauration collective (AGORES), proposent de participer à la conférence débat le mercredi 6 juin 2012 de 18 heures à 20 heures 30 sur l'avenir de notre assiette. Au programme : les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des circuits courts, l'impact du gaspillage, l'innovation de l'offre alimentaire. Des acteurs de l’agroalimentaire, industriels, distributeurs, et des élèves apporteront leurs témoignages.
Le lieu : collège Pierre de Coubertin, Chemin des Regains à Chevreuse(78)
Renseignements : Vincenzo Battafarano, benzo@laposte.net
La société de restauration collective iséroise SHCB annonce, dans un communiqué, avoir atteint le seuil de 20 % de produits bio sur la plupart de ses nouveaux marchés entrants. Entre 2011 et 2012, le volume des produits locaux et bio dans ses achats a augmenté de plus de 83 %. "C’est une demande forte de nos clients, souligne Pierre Emmanuel Dreyfuss, directeur régional. Pour le référencement des produits locaux, nous fonctionnons par département. Dans le Rhône et en Savoie, nous travaillons avec des producteurs de pommes et de poires, tandis que dans la Drôme nous nous approvisionnons surtout en pêches et abricots". Pour ce type de produits, le service achat a créé des mercuriales spécifiques. SHCB gère plusieurs centaines de restaurants (restauration sur place et restaurants livrés) et est propriétaire de 8 cuisines centrales situées entre Auxerre (89) et Carpentras (84).
Le 28 juin, Corabio, l’association des producteurs bio de Rhône-Alpes, en partenariat avec FL Conseil, annoncera les noms des 5 nouvelles entreprises qui rejoindront le programme "Manger bio et local en entreprise". Le CEA de Grenoble, le siège national de Casino à St Etienne, le Centre anti-cancer Léon Bérard de Lyon, France Télécom Orange de Lyon et l’IFP EN de Solaize sont les 5 premières entreprises impliquées depuis juin 2011 dans ce projet aux côtés de leurs prestataires de restauration : Compass, Elior, R2C, SHCB, Sodexo. Cette opération inédite en France, soutenue par la DRAAF Rhône-Alpes, la Région Rhône-Alpes et le Syndicat National de la Restauration Collective (SNRC) concerne 5 000 convives au quotidien. Un nombre qui passera à 10 000 avec l'entrée des nouveaux participants.
"Nous avons pris le parti de sélectionner des restaurants d’entreprise qui accueillent au minimum 5 000 convives par jour afin d’atteindre un maximum de personnes. Ces entreprises représentent les secteurs d’activités principaux de la vallée du Rhône. Nous verrons après les 3 années d’inauguration de l’opération comment atteindre un maximum de catégories socioprofessionnelles, notamment dans des milieux plus défavorisés" explique Claire Lecouteux, en charge de la communication chez Corabio.
Elior Restauration Enseignement (780 000 repas servis chaque jour dans 4900 restaurants) a signé le 16 mars dernier sa 3ème convention de partenariat avec la Fondation pour l’Education à l’Environnement en Europe (FEEE) dans le cadre du programme Eco-Ecole. Plus de 100 établissements scolaires clients de l'entreprise de restauration collective sont engagés dans ce programme pour obtenir le label Eco-Ecole. 25 écoles ont déjà été labellisées.
La méthode Eco-Ecole réunit l’ensemble des parties prenantes de l’établissement scolaire (direction de l’établissement, personnel administratif, professeur, élèves, parents d’élèves, élus locaux, associations, entreprises privées…) dans un projet favorisant l’éducation à l’environnement et à la citoyenneté.
Elior Restauration Enseignement propose des projets concrets éco-citoyens et durables aux établissements scolaires : mise en place d’un composteur et d’un système de recyclage des cartons, sensibilisation au lombricompostage, remplacement des robinets à boutons poussoirs par des robinets à cellules pour limiter l’écoulement d’eau, utilisation de l’eau des carafes non consommée pour le jardin pédagogique par exemple.
Mise en place dans 4 restaurants exploités par Compass Group France (1,158 Md € de Ca en 2011) situés à La Défense, Puteaux, Arcueil et Montrouge, l'opération Assiette Verte résulte d'un partenariat entre la société de restauration et la fondation Fondaterra qui soutient en Ile-de-France de nombreux projets d'approvisionnement de restauration collective en produits locaux et de saison.
"80 % des produits utilisés dans nos restaurants proviennent déjà des régions françaises mais nous souhaitons mettre en place de nouveaux dispositifs afin d’augmenter nos achats de proximité et de sensibiliser les consommateurs à l’alimentation durable " explique Sarah Etcheverry, directrice des achats alimentaires chez Compass Group France. Exemple avec les pommes produites par la Maison Gaillard dans les Yvelines et mises à la carte à travers diverses recettes : salade d’endives aux pommes, noix et fourme d’Ambert , tarte Tatin, pomme au four, salade de choux, pommes et raisins secs.
Selon les chiffres de l'Agence Bio présentés hier, 62 % des Français se déclarent intéressés par des repas préparés avec des produits bio dans les hôpitaux, 60 % dans les maisons de retraite, 56 % au restaurant, 50 % dans les centres de vacances et 46 % en restauration rapide et à emporter. Ils seraient 53 % d'actifs à souhaiter consommer des repas à base de produits bio sur leur lieu de travail, à la cantine ou au restaurant d'entreprise et 41 % seraient prêts à en acheter via les distributeurs automatiques.
L'Agence Bio, qui fête ses 10 ans, estime que le marché des produits bio a quadruplé en une décennie, enregistrant pour l'année 2011 une croissance d'au moins 10 % pour approcher les 4 milliards d'euros.
Photo©Restauration21